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Les allergies alimentaires sont en augmentation

Par Fred Pixlab

L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) actualise ses recommandations.

Face à l’évolution des habitudes alimentaires et à l’introduction de nouveaux aliments sur le marché, les allergies alimentaires demeurent une préoccupation de santé publique.

Une augmentation du nombre d’hospitalisations dues à une anaphylaxie alimentaire, observée dans plusieurs pays

En Angleterre et au Pays de Galles, on observe une augmentation de 106 % des hospitalisations motivées par une anaphylaxie alimentaire entre 1998 et 2012, avec une augmentation plus particulièrement marquée (+ 137 %) chez les moins de 14 ans [1].

En Italie, entre 2006 et 2011, l’étude de Nocerino et al. montre une augmentation des hospitalisations d’enfants pour anaphylaxies alimentaires, observée pour toutes les tranches d’âge : + 44 % chez les moins de 5 ans, + 128 % chez les 5-14 ans et + 64 % chez les plus de 14 ans [2].

Cette tendance est également observée aux États-Unis, où le taux d’hospitalisation pour anaphylaxie alimentaire chez les enfants est ainsi passé de 0,60 pour 1000 hospitalisations en 2000 à 1,26 pour 1000 hospitalisations en 2009 [3].

En France, une étude rétrospective menée entre 2003 et 2013, rapporte une incidence faible mais croissante des cas d’anaphylaxie nécessitant une hospitalisation – l’incidence moyenne sur la période était de 1,09 par million d’enfants et par an. L’anaphylaxie alimentaire représentait 37 % de ces admissions pour anaphylaxie [4].

Cette augmentation du nombre d’hospitalisations pour allergie alimentaire peut résulter soit d’une incidence accrue des anaphylaxies, soit d’une meilleure identification de la pathologie.

Des allergènes émergents

Des allergènes émergents autres que ceux listés dans l’Annexe II du règlement européen n°1169/2011, doivent être portés à la connaissance du consommateur. C’est le cas du sarrasin, du lait des petits ruminants (chèvre et brebis), du kiwi, du pignon de pin, de l’α-gal (hydrate de carbone – galactose-alpha-1,3-galactose), des lentilles et du pois, pour lesquels le risque anaphylactique est supérieur à celui de certains allergènes listés dans l’Annexe II [5].

Une meilleure information des médecins et des consommateurs Au-delà de la détection des cas de réactions allergiques liées aux aliments et en l’absence de recommandations officielles relatives aux allergies alimentaires, il apparaît pertinent de mettre en place un guide de bonnes pratiques destiné aux médecins afin d’améliorer la prise en charge et le suivi des personnes allergiques. L’Anses rappelle également l’importance de la mise à disposition d’une information adaptée pour les consommateurs allergiques, y compris en restauration collective ou commerciale (article R112-12 du code de la consommation) [5].

  • Références :
    • 1. Turner P.J. et al. Increase in anaphylaxis-related hospitalizations but no increase in fatalities: An analysis of United Kingdom national anaphylaxis data,1992-2012. J Allergy Clin Immunol. 2015 Apr; 135(4): 956–963.;
    • 2. Nocerino R. et al. Increasing rate of hospitalizations for food-induced anaphylaxis in Italian children: An analysis of the Italian Ministry of Health database. J Allergy Clin Immunol. 2015 Mar;135(3):833-5.;
    • 3. Rudders S.A. et al. Trends in hospitalizations for food-induced anaphylaxis in US children, 2000-2009. J Allergy Clin Immunol. 2014 Oct;134(4):960-2.;
    • 4. Pouessel G. et al. 2018. Food-induced anaphylaxis in infancy compared to preschool age: a retrospective analysis. Clin Exp Allergy. 2019 Oct 25. doi: 10.1111/cea.13519. [Epub ahead of print].;
    • 5. Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, relatif à « l’actualisation des données du rapport « allergies alimentaires : état des lieux et propositions d’orientations ». Saisine n°2015-SA-0257:1-48.

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