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Asthme des carbures métalliques frittés ou aux métaux durs


Agent(s) : CARBURE DE SILICIUM, CHROME, COBALT, NICKEL, STELLITE, TUNGSTENE,
Métier(s) : DENTISTERIE, INDUSTRIE DU DIAMANT, INDUSTRIE DU VERRE, METALLURGISTE,

Conditions

Tous les travaux exposants à l'inhalation de poussières de ces carbures (mélange de poudres) sont dangereux. Le diamètre des particules inhalées est très hétérogène. Une étude sur les lieux de la cémentation des carbures de tungstène (CTC) a montré qu'il y a dans les alvéoles des particules qui sont inhalées et qu'elles peuvent provoquer des cancers du poumon dus aux métaux durs (HMD). Les particules plus grosses du Co se déposent dans les bronches et provoquent de l'asthme. L'exposition à des particules ultra-fines de nickel (UFNi), de cobalt (UFCo) et de carbone (UFCb) entraîne des bronchites chroniques et de l'asthme. Tous les postes de travail des alentours sont exposés. Dans le cas de l'industrie du verre, le risque existe au moment du mélange des poudres. L'exposition à de faibles doses d'allergène n'exclue pas, dans le cas présent, la possibilité de sensibilisation.
Un cas d'asthme chez un technicien en dentisterie a été décrit après 20 ans d'exposition au Cobalt.
Dans la dentisterie, le nombre des produits potentiellement dangereux est tel qu'ils doivent être tous envisagés et en particulier les métaux durs.
Dans une carrière d'extraction de cobalt, des sujets ont été suivis pendant 10 ans d'exposition au risque. Cette étude (2003) montre que seuls des asthmes ont été retrouvés, mais pas d'alvéolites. Dans la dentisterie, le nombre des produits potentiellement dangereux est tel qu'ils doivent être tous envisagés et en particulier les métaux durs. Le stellite est un alliage particulièrement dur et résistant qui est utilisé en association au Co et au Cr. Un premier cas d'
asthme professionnel dû aux fumées de soudure de cet alliage a été décrit (2007). Dans une usine de cobalt en Finlande les ouvriers ont été suivi de 1967 à 2003. Au total 22 cas d'asthme ont été reconnus et démontrés. Leur apparition est fonction du taux d'exposition au cobalt, mais aussi de la présence concomitante de gaz irritants, ce qui fait que de plus petites quantités de cobalt peuvent être nocives pour des travailleurs vulnérables.
 Une étude pakistanaise a suivi une cohorte d'enfants qui travaillent dans des usines de fabrication de matériel chirurgical.Dans les conclusions il apparait qu'il subissent une importante exposition aux métaux et en particulier au chrome et au nickel.10% d'entre eux rapportent de symptômes d'asthme et 36% des toux nocturnes. Ces métaux sont par ailleurs cancérigènes.Le taux de Ni urinaire est significativement augmenté.

Symptômes

Rhinite, coryza et toux spasmodique, dyspnée. A cette symptomatologie de bronchopathie obstructive peuvent s'ajouter des signes fonctionnels dus à une alvéolite et/ou une fibrose. En 2001, une sévère arythmie cardiaque a été décrite chez un patient polisseur de diamants qui avait du continuer son travail pour des raisons économiques malgré le diagnostic d'asthme professionnel. Une relation de cause à effet a été évoquée entre la pathologie cardiaque et la persistance de l'exposition. De même, l'exposition au risque peut être objectivée par la présence d'éosinophiles dans le liquide nasal et bronchique. Une étude norvégienne a démontré que dans l'industrie du  carbure de silicium, différentes pathologies obstructives peuvent apparaitre, et cela en fonction  des doses cumulatives d'exposition, qui vont de la BPCO à l'asthme et au cancer. Cette étude montre également  l'augmentation du taux de mortalité pour les pathologies respiratoires de 1913 à 2003. Sur le plan cutané, on a décrit des lésions eczématiformes.

Incidences

Incidence : est directement fonction de l'intensité de l'exposition au risque. La prévention individuelle est capitale et dans toute l'usine. En effet, des taux de métaux ont été retrouvés (bien que beaucoup plus bas jusque dans les bureaux). L'atopie intervient souvent.Mécanisme immunologique à IgE démontré pour certains métaux. Les plus utilisés pour ces carbures métalliques frittés sont : Cobalt, Tungstène, Chrome, Nickel, Titane, Tantale. Le Cobalt a été le mieux étudié et dans ce cas la pathologie des carbures métalliques frittés est superposable à l'allergie professionnelle à la poussière de Cobalt. Il existerait une sensibilité croisée entre le nickel et le cobalt. Le nombre des cas décrits dans la littérature (surtout américaine) fait état de la prévalence de cette pathologie chez les africains. En fait, cette prévalence est surtout due à une plus forte exposition aux risques nocifs de cette population.

Diagnostic

Les tests cutanés ne sont pas utilisables en pratique courante. Des tests ont été pratiqués avec CoSO4. Les pricks tests ont été négatifs et les IDR positives à la dose de 10mg/ml. Des tests d'activation lymphocytaire ont été envisagés par certaines équipes en 2002. Le test de provocation bronchique en milieu hospitalier avec du dichromate de potassium et du sulfate de nickel donne des réactions immédiates, retardées et duales. Une étude des cytokines dans le LBA après TPB pourrait également être utile.
Le dosage de la concentration urinaire de Co et de Cr est plus important chez les ouvriers de la métallurgie qui ont un TPB positif. Dans le cas des rhinites professionnelles seul la concentration de Cr urinaire est élevée.

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Tableau

Régime Général n°65 et n°70
Régime Agricole n°44