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Asthme dans l'industrie de l'aluminium et la métallurgie


Agent(s) : FLUORURES, HUILES MINERALES, SELS D' ALUMINIUM,
Métier(s) : FONDEUR, METALLURGISTE,

Conditions

Les sulfates et les fluorures d'aluminium sont toxiques, lors du travail d'extraction électrolytique. Le taux moyen du risque professionnel est de 0,5 mg/m3. L'inhalation massive de fluorures peut entraîner un RADS (asthme induit par les irritants - Syndrome de Brooks).  L'existence préalable d'un coryza spasmodique est une cause favorisante pour l'apparition de l'asthme professionnel lors de l'extraction de l'aluminium. Dans l'industrie de l'aluminium et dans l'industrie métallurgique en général, il existe une pathologie pulmonaire due au brouillard d'huiles minérales utilisées appelées également"huiles de coupe".Dans ces huiles minérales, l'agent pathogène serait des mycobactéries qui les contaminent, même lorsque les limites d'exposition (TLV) sont respectées. Les huiles de coupe et autres fluides sont utilisés pour lubrifier et/ou refroidr les pièces métalliques lors de l'usinage, dans le décolletage, le tréfilage et le décoffrage. Les pathologies cutanées sont connues depuis longtemps. L'augmentation de l'asthme professionnel, des bronchites et de l'irritation des voies respiratoires lors de l'exposition à la brume d'aérosols et aux vapeurs existantes est de plus en plus cité dans la littérature.Une étude expérimentale chez les rats a montré le rôle pro-inflammatoire des fumées des fonderies. Il résulte de cette étude que, chez l'homme, le risque de BPCO est potentiellement plus grand que celui d'asthme. Une étude sur 215 ouvriers fondeurs dans l'industrie de l'aluminium ne confirme pas cette constatation par rapport à un groupe témoin de 81 sujets.Une étude longitudinale en Australie de 1991 à 2006 a permis, compte tenu d'une évaluation médicale avant l'embauche et de mesures de protection,d'obtenir une régression substantielle des cas d'asthme chez les fondeurs.Dans une fonderie d'aluminium une recherche a été faite sur le risque d'une sensibilisation au beryllium. Sur 362 personnes une seule a été sensibilisée au beryllium. Ils concluent dans cette étude que dans l'industrie de l'aluminium il ya peu de risque de sensibilisation au beryllium.

Symptômes

Toux, crises dyspnéiques, oppression respiratoire et sibilants sont fréquents. Au départ, les symptômes sont liés à l'exposition au risque (arrêt en fin de semaine), et par la suite ils peuvent être permanents.Longtemps une controverse à existée quand à l'agent déclenchant des signes cliniques : soit une réaction irritative due au fluor hydrogéné ou une réaction spécifique au chlorure d'aluminium. En fait, il existe bien une réaction spécifique dûe au chlorure d'aluminium, qui a été démontrée par les tests de provocation bronchique. On a décrit un RADS chez un professeur de chimie en cours juste aprés une démonstration aprés inhalation de composés iodés d'aluminium lors d'une réaction d'oxydo-réaction

Incidences

Incidence inférieure à 4%. Le tabagisme est un facteur aggravant très souvent présent. Le facteur inflammatoire dû aux irritants associés intervient dans la pérennisation des symptômes. L'hyperréactivité bronchique et le syndrome obstructif peuvent persister après l'arrêt de l'exposition au risque. Les sulfates et les fluorures d'aluminium sont toxiques, lors du travail d'extraction électrolytique. L'élévation du taux des éosinophiles sanguins pourrait être un facteur de risque. Plusieurs études démontrent la possibilité d'une fibrose respiratoire consécutive aux fortes expositions.

Diagnostic

Pas de dosage immunologique. Le test de provocation bronchique peut être réalisé exceptionnellement. L'approche diagnostique doit être épidémiologique. On retrouve des taux de fluorures élevés dans le plasma (10 ng/ml). Le taux est en rapport avec l'exposition au risque.

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Tableau

Régime Général n°32, n°36C