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Asthme dû aux produits de la mer


Agent(s) : ABALONE, ALGUES, ANCHOIS, ANISAKIS SIMPLEX, APPATS VIVANTS, ASCIDIE, CALAMAR, CAVIAR, COQUILLES ST-JACQUES, CORAIL, CRABE, CREVETTE, DAPHNIES, ENCORNET, HOMARD, KARENIA BREVIS, MAQUEREAU, POISSON, POULPE, PRAIRE, SAUMON, TRUITE, TURBOT,
Métier(s) : CUISINIER, ECAILLEUR, EMPLOYE DE CONSERVERIE, GARDE-COTES, INDUSTRIE ALIMENTAIRE, INDUSTRIE ALIMENTAIRE POUR ANIMAUX, MAITRES-NAGEURS, MARAYEUR, PECHEUR, PERSONNEL DE THALASSOTHERAPIE, POISSONNIER,

Conditions

Les premiers cas d'asthmes professionnels démontrés aux produits de la mer l'ont été pour le crabe des neige. Actuellement, même les chauffeurs de camions dans les conserveries peuvent avoir un asthme professionnel. Les deux causes principales sont la méconnaissance des mesures de prévention et l'augmentation des cadences du rythme de travail. Dans la pêche artisanale, de nombreux appâts vivants sont utilisés et sont sensibilisants : Calliphoria vomitora, Galleria mellonella, Tenebrio molitor et Cilecomadia moorei. Le développement de l'élevage l'industriel des poissons augmente le risque et le nombre de ces maladies professionnelles. Dès 1997, des asthmes professionnels chez les pisciculteurs élevant des truites ont été décrits en Espagne. Il existe des sensibilisations indépendantes les unes des autres aux différents produits de la mer. Récemment, la mise en évidence d'un allergène stable commun entre les crevettes et les coquilles St Jacques a élargi le problème, car cet allergène est une tropomyosine identique à celle qui est présente dans les encornets, les acariens et les escargots. Il s'agit d'une protéine de 35 à 39 kd.Pour les abalones, il s'agit d'une protéine de 38 à 49 kDa. Dans le cas du crabe des neiges, on retrouve des protéines de 14,4 à 34 kd impliquées dans la pathologie. L'Anisakis simplex est un nématode parasite des poissons, des crustacés, dont le rôle pathogène est bien connu chez les consommateurs de poissons. L'inhalation des vapeurs de cuisson de ces poissons contaminés peut faire de l'Anisakis un allergène professionnel. Un premier cas d'asthme professionnel dû aux algues en poudre utilisées en thalassothérapie a été décrit. Une algue Karenia brevis, qui produit une marée rouge sur les cotes mexicaines, libère une toxine appelée "breve toxin" et entraîne des symptômes ORL chez les gardes-côtes et aggrave l'asthme des sujets exposés.Les pêcheurs de langouste japonais développent au contact du corail (Dendronephthya nipponica) qu'ils rencontrent des urticaires, des asthmes et des conjonctivites. En Afrique du Sud une grosse étude a permis de comparer les risques d'asthme dans deux secteurs de l'industrie des produits de la mer: les conserveries et les usines de fabrication des farines de poisson.Les résultats montrent que les ouvriers des conserveries ont plus de risques que les autres de dèvelopper de l'asthme et de se sensibiliser aux poissons. L'atopie, le tabagisme, et les conditions de travail sont importants. Le taux des allergènes dans l'atmosphère résulte, dans les conserveries, du mélange des muscles, des viscères, et de la peau.Le taux des particules dans l'atmosphère varie de 0,001 à 11,293 mg/m et le taux des allergènes varie entre 0,001 et 75.748 µg/m. Dans le cas des crustacés (crabe) l'AP est plus fréquent: le taux peut atteindre 4 à 36% alors que pour les poissons le taux est plutôt de 2 à 8%.Trois cas de rhinite, asthme et conjonctivite ont été décrits dans des fermes d'élevage de turbot.Deux des trois patients pouvaient continuer à manger ce poisson (sensibilisation par voie aérienne). Dans 1 cas on a pu identifier l'allergène : une parvalbumine.

Symptômes

Asthme typiquement allergique, associé à de la rhinite et de la conjonctivite, rythmé par le travail. Des alvéolites ont été décrites. Une allergie alimentaire à ces produits peut apparaître. L'anisakis entraîne des urticaires généralisées.

Incidences

Incidence : très forte dans certains cas(15.6% au Canada). Elle est liée également aux périodes d'activité et à l'allergène en cause: poisson, crevette, crabe. La prévention sur les lieux de travail est importante : épidémie d'asthme aux crevettes. Mécanisme à IgE, avec dans les cas d'alvéolites des réactions de type III. La sensibilisation peut aussi se faire par inhalation des particules d'allergène dans les vapeurs de cuisson. Une étude de prévalence de la sensibilisation aux poissons et autres produits vendus dans les poissoneries a permis de retrouver chez les sujets sensibilisés 6,25% de symptômes liés au travail. La prévalence de la sensiblisation au crabe des neiges, dans les usines de Terre-Neuve et du Labrador est directement liée à la dose d'allergène â laquelle le sujet est exposé. Le terrain atopique et le tabac jouent un rôle favorisant. La pathologie est moindre lors des sensibilisations aux poissons de mer que lors des sensibilisations aux coquillages.

Diagnostic

Tests cutanés : IDR et Prick test, pour lesquels certains allergènes sont commercialisés. On peut tout à fait faire des prick-tests avec des produits frais. Dosage immunologique : ImmunoCAP saumon (f41), thon (f40), coquille St-Jacques (f338) crabe (f23), crevette (f24), homard (f80), anisakis (p4), calmar(f258), palourde(f207), poisson blanc(f3), poulpe (f59), sardine (f308) et ImmunoCAP daphnies (Ro207). TPB réaliste à l'hôpital.Par le biais de la tropomyosine, il existe des allergies croisées entre : Anisakis, d'autres nématodes et les acariens. Un test ELISA a été mis au point pour quantifier le taux d'allergène dans l'atmosphère pour les travailleurs exposés (usine de conditionnement d'anchois et de maquereaux).Les allergènes du corail ont été déterminés et, sur le plan expérimental, des tests cutanés et des IgE ont été faits.

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Tableau

Régime Général n°66 et n°66bis
Régime Agricole n°45BCD