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Asthme dû au latex


Agent(s) : LATEX,
Métier(s) : CHIRURGIEN, DENTISTE, FABRICATION DE GANTS DE CHIRURGIE, FABRICATION DE JOUETS, INDUSTRIE TEXTILE, INFIRMIERE, PERSONNEL HOSPITALIER, PERSONNEL MEDICAL,

Conditions

Originellement, l'exposition n'était due qu'à de la fabrication des gants en latex. Cette étiologie est devenue actuellement secondaire (2003). Le risque le plus important est dû au port de gants en latex poudré et en particulier, dans les secteurs à risque (chirurgie, réanimation, laboratoires, mais les chirurgiens sont les plus exposés). Il existe dans le personnel d'entretien une exposition due aux gants de ménage. Avec la glutaraldéhyde, le latex est responsable de la plupart des asthmes professionnels du corps de santé. Des mesures de la quantité d'aéroallergènes du latex ont été faites dans les cabinets dentaires. Le taux d'allergènes dans la salle d'attente varie de 6 à 25 nanogrammes par mètre cube d'air et dans la salle de soins de 25 à 90 nanogrammes par mètre cube d'air durant le travail. Avec l'utilisation de gants en latex non poudrés, le taux devient indétectable (< 5 nanogrammes par mètre cube d'air). Le risque de sensibilisation au latex se matérialise durant les trois premières années d'exposition en fonction des lieux de travail et du taux d'allergène présent dans l'atmosphère. Ainsi, lorsqu'il y a exposition, sensibilisation cutanée et rhinite, le risque d'asthme professionnel devient de plus en plus élevé. Les mesures de prévention par l'utilisation de gants sans poudre et d'utilisation de gants en latex uniquement lorsqu'elle est nécessaire est la meilleure prévention possible en milieu hospitalier. Ces mesures permettent d'éviter les changements de postes et par voie de conséquence entraînent un impact socio-économique moindre. De nouveaux cas ont été décrits dans l'industrie textile auprès des couturières qui cousent les élastiques des vêtements. De même, dans l'industrie textile en Afrique du Sud, des sujets se sont sensibilisés lors de la coupe et du tissage de bandes élastiques contenant du latex. Ces sujets présentent des IgE spécifiques pour les allergènes majeurs : rHevb5, rHevb6.01 et rHevb6.02. Une nouvelle source de latex, issue d'un arbuste du désert au sud-ouest des Etats-Unis et au nord du Mexique est à l'étude. Ce latex, le guayule ne contiendrait pas les protéines allergisantes du latex tropical.

Symptômes

Le plus fréquent des signes cliniques est la dermatite irritative. Elle est souvent associée à des signes de rhinite, conjonctivite et asthme. Sur les lieux dun travail, urticaire et oedème de Quincke ont été décrits. Deux cas d'anaphylaxie récidivante par allergie professionnelle au latex masquée ont été décrits, avec déclenchement par ingestion d'un aliment (allergie croisée). Il existe aussi des eczémas de contact dus au thiuram et au carba mix. Depuis les années 1990, où les gants sans poudre ont commencé à être utilisés dans les hôpitaux de façon systématique, on constate une nette décroissance de ces cas d'asthmes professionnels.

Incidences

Incidence : la prévalence des personnes sensibilisées en milieu hospitalier (PT +) au latex est de 2,9 à 7% selon les auteurs. Elle peut même atteindre 25% chez les sujets régulièrement exposés (étude italienne). Le rôle aggravant de l'atopie n'a pas été démontré. Mécanisme à IgE. L'urticaire de contact professionnelle (chirurgien, infirmière) et des réactions anaphylactiques per opératoires ont été décrites avec le latex. D'autre part, il existe une antigénicité croisée démontrée entre le latex, l'avocat, la banane, le kiwi, la châtaigne et le melon pour les aliments les plus fréquemment impliqués. Il existe une antigénicité croisée partielle avec le Ficus benjamina. En Afrique du Sud, un programme de surveillance des asthmes professionnels a montré que le latex est l'agent principal des asthme professionnels. De même, l'évolution de la littérature va vers une idée de prévention primaire qui pourrait, à terme, faire "disparaître" les asthmes aux latex. L'éviction reste le plus souvent le seul traitement efficace en cas de pathologie déclarée. Les campagnes de prévention (hôpital sans poudre CHU de Montpellier ) sont une réussite. Une étude italienne concernant le suivi de 1040 personnes dans un hôpital après mise en place des mesures de prévention (utilisation de gants sans poudre et utilisation d'un autre matériel si possible) a permis de constater une amélioration très nette des symptômes (p<0.0001). Une méta-analyse française a fait la comparaison entre l'incidence et la prévalence de l'allergie au latex dans une population et chez les professionnels de santé. Il existe une augmentation du risque de sensibilisation et de symptômes chez les professionnels de santé par rapport à la population générale.Des études allemandes effectuées 10 ans après le début de l'épidémie d'allergie au latex en milieu hospitalier, ont démontré l'importance des mesures de prévention avec les gants "sans poudre". Les symptômes ont nettement régréssé et leur gravité est moindre.

Diagnostic

Prick test. Dosage immunologique : ImmunoCAP au latex (9 allergènes recombinants utilisables pour le diagnostic : rHev b 1,2,3,5,6.01,6.02,8,9,11). Le dosage de l'Immunocap (K82) contient les allergènes majeurs responsables de la sensibilisation professionnelle chez les soignants. Test de provocation bronchique réaliste en milieu hospitalier ; il existe des réactions immédiates et retardées lors de ce test. Suivi du débit de pointe sur le lieu du travail. La combinaison tests cutanés et histoire clinique est moins précise pour le diagnostic d'asthme professionnel au latex que le test de provocation bronchique qui était l'argument décisif permettant de savoir s'il s'agit d'une sensibilisation ou d'une maladie allergique avant que nous n'ayons à notre disposition le dosage des allergènes recombinants.Seul les dosages Hev b 6.01 et 6.02 (heveine) et de Hev b 5 sont trés fortement orientés vers une allergie professionnelle avec sensibilisation par contact respiratoire et il est parfois nécessaire de faire ces dosages isolés.L'immunothérapie spécifique par voie injectable est un traitement à haut risque. De nombreuses réactions systémiques ont été constatées. Les essais de validation pour la voie sub-linguale ont montré une grande innocuité par rapport à la voie injectable. Il reste encore des divergences d'opinion quant à l'efficacité. L'utilisation des anti IgE a été proposée, hors AMM, dans des cas gravissimes. Il n'y aurait pas de sensibilisation croisée entre l'hévéine et l'hévéine-like et les allergènes végétaux.

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Tableau

Régime général n°95